Milan 2026 : 7 pièces manifestes, entre matière, mémoire et art de vivre

En 2025, nous avions posé quelques repères précieux : la couleur comme émotion, la matière comme langage, la nostalgie comme ressource voire refuge, et l’IA comme nouveau terrain d’expérimentation. Un an plus tard, à Milan, ces intuitions prennent forme. Elles quittent le registre de la tendance pour devenir des objets, des assises, des tables, des matières, en un mot des présences.

Au Salone del Mobile 2026, certaines pièces ont retenu un peu plus notre attention parce qu’elles racontent quelque chose de l’époque : le retour des icônes, le goût des volumes sculpturaux, l’envie de matières sensibles, la recherche d’un confort disons plus architectural, et cette volonté très contemporaine de faire dialoguer intérieur et extérieur.

Voici sept pièces manifestes selon nous qui résument l’esprit de Milan 2026. A vous de juger.

1. Ardys — Cassina, Patricia Urquiola

Avec Ardys, Patricia Urquiola signe pour Cassina un système d’assises modulaire aux formes douces et volumineuses.

Audacieuse, dans sa forme, son design s’inspire des doudounes, tout comme son revêtement. L’habitat est un refuge, le canapé Ardys son cocon.

À Milan, Cassina dévoilait ses nombreuses nouveautés - Intramuros Magazine
FAUTEUIL ET CANAPES ARDYS

Les volumes sont généreux, souples, modulables. La supiqûre s’inspire aussi du tissage de la couette. Ardys ne cherche pas seulement à accueillir le corps : il organise l’espace. C’est une pièce emblématique de cette édition, parce qu’elle incarne parfaitement cette nouvelle intelligence de la matière, à la fois sensorielle et construite.

FAUTEUILS ET CANAPE ARDYS

2. CH66 — Cassina / Karakter, Nicos Zographos

La CH66 rappelle qu’une réédition réussie n’est jamais une simple opération de nostalgie.

Avec son tube chromé et sa silhouette graphique en forme de “b”, cette chaise revisite le vocabulaire moderniste avec une grande précision. Wallpaper* l’a remarquée comme une relecture du porte-à-faux Bauhaus : une ligne continue en acier tubulaire chromé, inversant la forme classique en “s” pour dessiner une silhouette en “b”. La CH66 fait aussi partie de la collection permanente du MoMA

Elle parle du Bauhaus, de rigueur constructive et de mémoire moderne, mais sans jamais sembler figée dans son époque. Une pièce d’archive remise en mouvement : discrète, cultivée, presque impertinente dans sa simplicité. Une belle pièce qui passera les décennies.

CH66 Chair by Nicos Zographos for Cassina / Residential / Mobilia
CHAISE CH66

3. Diorama — Moroso, Studio Front

Chez Moroso, le fauteuil Diorama de Studio Front transforme l’assise en récit.

Inspiré du diorama théâtral, il brouille la frontière entre meuble, image et décor. On ne s’y installe pas seulement pour s’asseoir : on entre dans une scène, dans un paysage, dans une composition. Diorama résume une tendance forte de Milan 2026 : le meuble n’est plus seulement fonctionnel, il devient narratif. Il donne une atmosphère à la pièce, presque une profondeur de champ.

Fauteuil Diorama Moroso | Achats en Ligne
FAUTEUIL DIORAMA

4. Biboni Lounge Chair — Knoll, Johnston Marklee

Avec BiboniKnoll poursuit le retour du confort sculptural.

La collection Biboni a été élargie en 2026 avec une lounge chair, un ottoman et un open-end sofa, tandis que les canapés et sectionnels sont désormais proposés avec plusieurs profondeurs d’assise. La lounge chair joue avec les courbes, les pleins, les vides et les volumes superposés.

La pièce a une présence très architecturale : elle structure l’espace tout en invitant à la détente. Dans sa version orange tangerine, elle capte aussi l’un des signaux chromatiques forts de cette édition. L’orange n’est plus seulement une couleur d’accent ; il devient un manifeste lumineux, solaire, parfaitement assumé.

FAUTEUIL BIBONI ET OTTOMAN

Vous souhaitez en savoir plus sur les nouveautés KNOLL présentées à Milan, découvrez notre article en cliquant ici.

5. Tara — Flexform, Sebastian Herkner

La table Tara marque la rencontre entre Flexform et le designer Sebastian Herkner.

Pour Milan Design Week 2026, Flexform a présenté The Private Lives of Objects, une mise en scène de ses nouvelles collections indoor et outdoor, avec Antonio Citterio, Patrick Norguet, Fumie Shibata, Sebastian Herkner et Monica Armani. Dans ce contexte, Tara joue sur une tension très juste entre densité et légèreté : une base à la présence presque minérale, un plateau plus lumineux, une silhouette à la fois stable et raffinée. Une réussite, un table simple qui cache un travail très sophistiqué.

C’est une pièce qui n’a pas besoin de spectaculaire pour s’imposer. Tout repose sur l’équilibre, la proportion, la qualité du détail. Une forme de calme très maîtrisé — ce qui, à Milan, reste parfois la plus élégante des audaces.

TARA Tables | Design Made in Italy - Flexform
TABLE TARA

6. Arcipelago / Tales in Glass — Gallotti & Radice

Pour ses 70 ans, Gallotti & Radice a choisi de célébrer le verre, non comme un matériau froid ou décoratif, mais comme une matière vivante.

Avec l’exposition Tales in Glass, présentée au Palazzo Meli Lupi di Soragna et scénographiée par Sophie Dries, la maison a mis en dialogue ses archives et de nouvelles visions autour du verre. Gallotti & Radice a invité plusieurs créatrices internationales — dont Valentina Cameranesi Sgroi, Ivania Carpio, Estudio Persona, Rania Hamed, Fumie Shibata et Miminat Shodeinde — à interpréter ce matériau à travers leur propre culture. 

Parmi ces nouvelles pièces, Arcipelago incarne particulièrement cette approche. Le verre devient récit : mémoire, lumière, tension, transparence, reflet. C’est le “verre fou” de cette sélection : non pas un verre spectaculaire pour lui-même, mais un verre habité, vibrant, capable de porter une histoire.

COLLECTION PASSE – PRESENT – FUTUR – TALES IN GLASS
TABLE HAUTE PLATIUM – TRAVERTIN
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TABLE BASSE HAUMEA – T BASE TRAVERTIN
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FAUTEUIL HALF-PIPE EN POUDRE DE TRAVERTIN RECYCLE
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TABLE BASSE MIRAGE EN ACIER INOXYDABLE AVEC LATTES EN CRISTAL
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NOUVELLE COLLECTION GALLOTTI & RADICE

7. Nagomi — Tribù, Inoda+Sveje

Pour ouvrir la sélection vers l’extérieur, Nagomi de Tribù, dessinée par Inoda+Sveje, s’impose naturellement.

Son nom évoque l’harmonie, et la pièce en porte l’esprit : lignes organiques, structure en aluminium coulé ultra-léger, tressage Canax® intégré dans les accoudoirs, précision ergonomique et douceur des transitions. Tribù la présente comme une lounge chair pensée dans une logique de simplicité raffinée et d’artisanat à 360°. 

Nagomi appartient à cette nouvelle génération de mobilier outdoor qui refuse d’être secondaire. Il ne s’agit plus de meubler une terrasse comme un à-côté, mais de penser l’extérieur avec le même niveau d’exigence que l’intérieur. La pièce résume une évolution majeure : l’outdoor devient un véritable territoire de design, avec ses contraintes, mais aussi sa poésie.

Inoda+Sveje designs Nagomi collection for Tribù - Sleeper
COLLECTION NAGOMI

Christophe Delcourt encore et toujours nous surprend

Christophe Delcourt s’inscrit pleinement dans ces tendances, mais à sa manière : moins par l’effet manifeste que par la densité silencieuse de la matière.

À Milan Design Week 2026, Delcourt Collection présentait Carving the Waves, tandis que Collection Particulière exposait L’objet de mon affection à la Fondazione Mudima. Ce double contexte est intéressant : il place Delcourt à la croisée de deux lectures très actuelles du design. D’un côté, la maison éponyme, avec une recherche sur la forme, le volume et la matière. De l’autre, Collection Particulière, plus proche de l’objet rare, du geste éditorial et de l’émotion contenue.

Son travail rejoint plusieurs lignes fortes de Milan 2026 : la forme sculpturale, le retour du geste artisanal, les matières naturelles, la précision des proportions et cette idée d’un meuble qui ne cherche pas à séduire trop vite. Là où Milan aime parfois le grand geste, Delcourt travaille l’évidence, le poids juste, la ligne tenue.

On pourrait dire d’une certaine façon qu’il ne suit pas la tendance : il en incarne la version la plus posée. Une élégance française qui ne hausse jamais le ton — ce qui, dans un salon international, reste une forme assez raffinée de présence.

NOUVEAUTES COLLECTION PARTICULIERE

Ce que Milan 2026 révèle avec clarté, c’est l’effacement progressif de la frontière entre intérieur et extérieur. Le design ne s’arrête plus au seuil de la baie vitrée ou de la porte d’entrée : il prolonge l’architecture, accompagne la lumière, dialogue avec le paysage.

Pour Kazuo Design à Biarritz, cette lecture résonne particulièrement. Ici, les lieux vivent avec l’océan, le vent, le sel, les terrasses et les jardins. Le mobilier doit donc répondre à une double exigence : la précision esthétique de l’intérieur et la résistance sensible du dehors.

C’est dans cette perspective que l’outdoor devient essentiel. Des maisons comme TribùRODA ou Ethimo ne conçoivent plus de simples pièces d’extérieur, mais de véritables éléments d’art de vivre : élégants, durables, équilibrés, capables d’habiter le paysage sans le dominer.

À Milan 2026, le confort ne se résume plus à la douceur d’une assise. Il devient une manière d’organiser la relation entre le corps, l’espace et l’environnement avec ces exemples très différents.

À Biarritz, cette évidence trouve naturellement son terrain d’expression. Pour en savoir plus sur ces collections, les nouveautés chez nos éditeurs et maisons, n’hésitez pas à nous consulter.

Designers Inoda+Sveje discuss the new Nagomi collection with Domus - Domus

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